Le Fonds au profit des victimes estime que les retraits du Statut de Rome sont un fâcheux coup dur pour les victimes

Le Fonds au profit des victimes estime que les retraits du Statut de Rome sont un fâcheux coup dur pour les victimes

La Haye, le 28 octobre 2016                                                                                                                          

Les cinq membres du Conseil de direction du Fonds au profit des victimes (« le Fonds ») de la CPI se disent profondément préoccupés par les retraits du Statut de Rome qui ont été récemment annoncés.

« Tout retrait du Statut de Rome est un fâcheux coup dur pour les victimes des crimes les plus odieux, tels que le crime de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, auxquels sont en proie les êtres humains les plus vulnérables, comme les femmes et les enfants ».

« C’est un coup dur non seulement pour les victimes qui se trouvent dans des pays concernés par une situation dont la CPI est saisie, mais aussi pour les victimes du monde entier, qui vont craindre que la promesse universelle de justice réparatrice faite par le Statut de Rome s’évanouisse de plus en plus ».

« Des retraits portent un dur coup à la lutte contre l’impunité, ce qui compromet inévitablement les droits et le bien‑être des victimes de crimes internationaux ».

« La protection et la dignité de la vie humaine dépendent de l’état de droit et, en particulier, de la détermination des États parties au Statut de Rome de mettre un terme à l’impunité des auteurs des crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale ».

Le Conseil de direction rappelle qu’il tire son inspiration et ses principes moraux de l’Archevêque Desmond Tutu, lequel a été le chef de file du tout premier Conseil de direction du Fonds en sa qualité de représentant des États d’Afrique.

Ses mots résonnent encore aujourd’hui : « Nous voulons faire une place aux personnes qui sont si longtemps restées dans l’ombre, aux anonymes et aux laissés‑pour‑compte. Et, ce faisant, aider à guérir les traumatismes, à cicatriser les blessures des communautés touchées et à refermer les plaies ».

Le Conseil de direction en place est d’avis que les retraits de la CPI risquent de se reproduire dangereusement, reléguant ainsi les victimes et leur communauté au second plan.

Le Conseil de direction du Fonds fait respectueusement valoir que le statut d’État partie à la CPI signifie non seulement que l’État participe à l’action mondiale visant à prévenir et à punir les crimes internationaux, mais également qu’il se fait le défenseur des mécanismes inédits de justice réparatrice établis par le Statut de Rome dans le but d’offrir une véritable réparation aux victimes. Le Conseil invite instamment tous les États parties à demeurer des partenaires actifs et à part entière pour lutter contre l’impunité et rendre une justice réparatrice.

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Dans le cadre de son mandat d’assistance, le Fonds a touché plus de 300 000 victimes grâce aux modestes ressources provenant de contributions et donations volontaires. Le Fonds a travaillé avec plus de 30 partenaires locaux qui emploient des centaines de professionnels d’origine africaine, tels des médecins, des psychologues, des spécialistes de l’éducation, des agronomes, des conseillers en microcrédits et bien d’autres. Les chefs communautaires et les organismes publics locaux jouent un rôle déterminant : ils assurent des résultats durables aux programmes d’assistance du Fonds et leur impriment un élan. À l’heure actuelle, le Fonds commence à s’acquitter de son autre mandat consistant à mettre en œuvre les ordonnances de réparation que la Cour a rendues ou rendra dans un nombre croissant d’affaires dont elle connaît, permettant ainsi aux victimes d’attacher un sens plus concret à la notion de justice réparatrice.

Les activités et programmes du Fonds sont conçus de telle sorte qu’ils « appartiennent » aux victimes, fassent montre de sensibilité envers les traumatismes et les différences entre les sexes, et soient conscients de la situation complexe de conflit ou d’après conflit dans laquelle les victimes et leur communauté surmontent les préjudices subis.                                                                                               

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Le Conseil de direction du Fonds au profit des victimes

Motoo Noguchi (Japon), président

Mama Koité Doumbia (Mali)

La Baronne Arminka Helić (Royaume Uni)

Felipe Michelini (Uruguay)

Alma Taso Deljković (Bosnie Herzégovine)

 

Pieter de Baan, Directeur exécutif du Fonds